Présidentielle du 22 novembre : « Nous n’accepterons pas d’aller cautionner des résultats entachés de fraude et d’irrégularité », Zéphirin Diabré

Jour de vote, Zéphirin Diabré et son épouse Odile Diabré ont accompli leur devoir citoyen, hier dimanche 22 novembre au bureau de vote 1 de l’école francoarabe de Zogona, à Ouagadougou. Ce fut le lieu pour le candidat de l’Union pour le progrès et changement (UPC) de dénoncer des velléités de fraudes et de corruptions électorales. Voici in extenso ses propos.

Après 20 jours de campagne électorale instance, c’était enfin le grand jour pour les 13 candidats en lice pour le fauteuil présidentiel. A l’instar des 12 autres, Zéphirin Diabré a sacrifié à la tradition, hier dimanche 22 novembre 2020 au bureau de vote n°1 de l’école franco-arabe de Zogona, à Ouagadougou. Le moment pour le chef de file de l’opposition politique de lancer un appel des différents candidats Comme vous l’aurez constaté, je viens de voter. Donc, mon devoir citoyen est accompli. C’est un grand jour pour notre démocratie. Mes premiers mots sont ceux d’un appel à l’ensemble des Burkinabè pour qu’ils sortent massivement et aller dire leur choix et leur volonté à travers les urnes.

Ce jour est unique. Si on ne fait pas aujourd’hui, on n’aura pas d’autres occasions pour le faire. Quelle que soit votre orientation politique et quelles que soient vos aspirations, il est important qu’on sache que vous connaissez ce que vous voulez et on ne peut le faire qu’en allant voter.

Ensuite, je demande à tout un chacun qui a le temps de pouvoir aller assister aux dépouillements dans les bureaux. L’accès au dépouillement est libre, gratuit et autorisé. Tous les Burkinabè sont autorisés à entrer dans les bureaux de vote pour assister au dépouillement. C’est ce que dit la loi. Donc, j’invite les Burkinabè à le faire. Cela va nous garantir une plus grande transparence dans le résultat. Comme nous l’avons dit hier à l’occasion de la conférence de presse tenue par l’ensemble des candidats signataires de l’accord politique de l’opposition, nous sommes inquiets au vu d’un certain nombre de faits que nous constatons sur le terrain. Des faits d’achats de cartes d’électeurs, de conscience et plus récemment depuis 48 heures, des faits de modification de la carte électorale. Il y a des endroits où on devait voter, on dit qu’on ne vote plus. Des endroits où on ne devait pas voter, on dit qu’on vote. Le cas éponyme c’est dans la province de l’Oudalan, dans la région de Gorom-Gorom où il semble que le ministre de la défense et ses services ont procédé à la suppression de beaucoup d’endroits où on devait voter parce que semble-t-il, l’opposition est forte et autorise de voter dans des endroits où on ne devait pas voter. On me signale aussi que dans la Gnagna, une province qui n’a jamais connue d’attaque, on a décidé comme par hasard qu’on ne vote pas parce que l’opposition est forte là-bas. Cela pose un problème sérieux en termes d’équité des électeurs pour exprimer leur choix. La carte électorale a été arrêtée depuis longtemps. Nous avons ensemble décidé que c’est le conseil constitutionnel qui doit dire les cas de force majeure dans les endroits où on n’est pas en droit de voter. Il n’est pas normal qu’à 48 heures du scrutin, à 24 heures du scrutin on assiste à des opérations frauduleuses de cette nature qui sont bien entendues savamment orchestrées pour empêcher que dans les zones où l’opposition est forte on puisse avoir de grands scrutins.

On vient de me signaler d’ailleurs à l’heure où je vous parle (10h) que dans la province du Yatenga, on n’a pas encore les PV dans les bureaux de vote pour l’élection présidentielle. Ça pose problème. Tous ces faits nous interpellent. C’est pour cela que nous avons décidé depuis hier de porter plainte. Mais, nous connaissons la lenteur de nos institutions judiciaires. Ce que nous voulons, ce n’est pas d’attendre deux ou trois semaines après le scrutin pour trancher, mais nous voulons que la question soit tranchée dès maintenant. Et ça, c’est vous les Burkinabè et votre vigilance qui va nous aider à faire cela. Nous avons dit et redit. Nous sommes des républicains. Tout résultat qui est sincère, nous allons acclamer et aller féliciter le vainqueur. Nous attendons que le MPP et son candidat viennent nous féliciter si nous sommes les vainqueurs. En 2015, j’ai eu à poser cet acte qui est unique dans notre histoire politique et dans celle de l’Afrique. Donc en la matière, on n’a pas de leçon à recevoir de qui que ce soit. Mais en même temps, nous n’accepterons pas d’aller cautionner une mascarade et d’aller cautionner des résultats qui seraient entachés de fraude et d’irrégularité.

Propos recueillis par Wendkuni Anselme SAWADOGO (www.burkinanews.info)

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