Nassirou Dahani, porte-parole des ressortissants de Madjoari : « Si la base militaire est juste là pour protéger le camp, qu’elle s’en aille»

Nassirou Dahani porte-parole des ressortissants de Madjoari

L’Association des ressortissants de la commune de Madjoari (ARCM) a animé une conférence de presse le lundi 5 juillet 2021, à Ouagadougou. Objectif, appeler les autorités à prendre des mesures urgentes afin mettre fin au terrorisme dans la localité.

7 villages et 6 hameaux de culture tombés. Seul le camp militaire et les riverains du camp sont encore sur le territoire communal. La commune de Madjoari avec ses 14 000 habitants est totalement vide et les villages ainsi que les hameaux de culture n’existent pratiquement plus. Sur les 14 000, 12 000 personnes ont déjà été obligées de fuir leurs terres et leurs biens pour errer dans la nature à la recherche d’un asile. On dénombre un millier d’individus dans le territoire béninois et le reste reparti entre Nadiagou, Pama, Logobou. Au total plus de 12 000 âmes cherchent une assistance humanitaire d’urgence. Voilà le triste constat dressé par l’Association des ressortissants de la commune de Madjoari (ARCM), à l’occasion d’une conférence de presse, le 5 juillet 2021.

             Les membres de l’Association des ressortissants de la commune de Madjoari (ARCM) pendant les échanges

A en croire Nassirou Dahani, porte-parole de l’ARCM, l’insécurité grandit chaque jour avec d’énormes pertes en vies humaines. Il en veut pour preuve les récentes tueries qui ont lieu dans la commune, parfois à moins d’un kilomètre du camp militaire. « A titre illustratif, les 2 et 3 juin dernier, un conseiller et son fils ont été tués devant sa famille. Son voisin voulant lui porter secours a été également tué à moins d’un kilomètre du détachement militaire. Le 8 juin passé, un jeune de la commune étant allé à la recherche de son âne sera égorgé à moins de 3 km du village. Les enfants morts au cours des trajets à pied pour rejoindre les villes d’asile ne se comptent plus », a-t-il illustré.

Vu la gravité de la situation, l’Association des ressortissants de la commune de Madjoari (ARCM) veut attirer l’attention de l’opinion publique nationale sur le danger qui guette la ville de Fada et la région de l’Est si la commune venait à tomber définitivement entre les mains des groupes terroristes. Le porte-parole de ladite association, Nassirou Dahani, s’interroge sur le bienfondé de la présence d’un camp militaire à Madjoari. « Des populations sont tuées à proximité du détachement militaire et aucune réaction n’est constatée », a-t-il regretté. « Si la base militaire est juste là pour protéger le camp, qu’elle s’en aille et nous laisser en paix », a-t-il martelé. Pour finir, Nassirou Dahani a appelé toutes les bonnes volontés à soutenir Madjoari avec des vivres.

Par Shady COULIBALY (www.burkinanews.info)

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