CDP : un projet de changement d’appellation et de logo divise les militants

Des militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) étaient face à la presse, ce vendredi 10 décembre 2021 à Ouagadougou. Au cours de cette rencontre avec les hommes de médias, les militants ont donné leur lecture de la situation que connaît le parti ces derniers jours. Ils ont également dénoncé la «mauvaise gestion» du parti par Eddie Komboïgo.

C’est la discorde au sein du parti du Congrès pour la démocratie et le progrès(CDP). Après une guerre judiciaire qui a eu pour conséquence l’annulation du 8e congrès ordinaire du parti initialement prévu les 4 et 5 décembre 2021, Eddie Komboïgo et ces hommes semblent ne plus avoir les mêmes visions. A cause de la mauvaise gestion qui a provoqué la démission de certains cadres du parti à la volonté de changer le nom  et le logo du parti, Eddie Komboïgo est devenu un président esseulé selon Sané Topan, 5e vice-président du CDP. Pour lui, Eddie Komboïgo n’a pas su répondre aux attentes du parti. « En Eddie, nous avons cru, mais très vite des doutes ont émergé sur notre camarade à assurer le rassemblement indispensable pour un parti qui vient de perdre le pouvoir après vingt-sept ans de règne », a-t-il avoué.

Pour le 5e vice-président du parti, Eddie Komboïgo se montrait impatient, pressé de briguer la magistrature suprême. En un temps record donc, dit-il, le président a transformé le CDP en « marche pied ». Outre cela, les militants dénoncent des sanctions abusives vis-à-vis de certains cadres du parti dont Gaston Soubeiga, Adama Ouédraogo, Abdoul Karim Baguian dit Lota et Gislain Konseiga. A cela s’ajoute, selon les militants, la défiance larvée et la défiance ouverte au président fondateur du parti. « Le président Eddie Komboïgo a conçu la défiance au président Blaise Compaoré avec minutie. Il refuse de faire référence au président Blaise Compaoré à travers ses déclarations, discours et interviews. Dernièrement, il a jeté un discrédit sur l’authenticité des lettres signées par le fondateur du parti. Il instrumentalise des militants à tenir des propos orduriers et inacceptables qui sont couverts par son silence coupable », a expliqué Sané Topan.

De la guerre judiciaire

La voie de la saisine de la justice s’imposait au regard du comportement du président Eddie Komboïgo selon Sané Topan. En effet, au séminaire du BEN, les militants du parti demandent au président de respecter certains préalables à savoir la transmission en toute urgence du projet du budget du congrès, la lecture au BEN de la 3e lettre du président d’honneur qui recommandait de rester pour quelques temps au moins en partage d’union de peine avec les nombreuses familles endeuillées suite au drame d’Inata. Selon Sané Topan, le président Eddie Komboïgo n’a accordé aucune considération à ces préalables préférant poursuivre le séminaire. Toute chose qui a contraint certains vices présidents et membre du BEN à quitter le séminaire. Devant une telle forfaiture la commission contrôle et vérification a adressé une correspondance à Eddie Komboïgo selon Sané Topan, l’invitant à respecter les textes fondamentaux du parti et à reporter le congrès et la tenue des instances y afférentes à une date ultérieure par respect des prérogatives du président d’honneur contenues dans les textes fondamentaux du parti pour l’intérêt supérieur.

Suite donc à ces différentes interpellations, le président Eddie Komboïgo a tenu à organiser le congrès. « Dans ce cas de figure, la voie judiciaire s’imposait. Ainsi, nous les signataires de la correspondance au président du parti avons testé le parti en justice par un référé. C’est ainsi que le 3 décembre, le procès s’est tenu et le juge dans son ordonnance a suspendu le 8e congrès des 4 et 5 décembre », a conclu Sané Topan. Les militants interpellent donc Eddie Komboïgo à savoir raison gardée et ne compte pas se taire face aux  » manigances  » politiciennes.

Par Théophile Oliélé BAYALA (www.burkinanews.info)

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