Yvelines /France : Un professeur d’histoire décapité après avoir montré des caricatures de Mahomet

Il était environ 17 heures ce vendredi 16 octobre, près du collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine, quand la police municipale de Conflans-Sainte-Honorine a prévenu la police nationale après avoir découvert une personne décapitée. Les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de la ville se sont rendus sur place. Ils ont découvert la victime et, à quelques centaines de mètres, ont tenté d’interpeller quelques instants plus tard un homme armé d’un couteau qui les menaçait. Il aurait tiré sur les policiers avec un pistolet air soft (pistolet à bille air comprimé qui n’est pas létal), selon les informations de FranceInfo. Selon l’AFP, « l’agresseur du professeur d’histoire a crié « Allah Akbar » avant d’être tué par les forces de l’ordre ». Les policiers ont fait feu à dix reprises et ont abattu l’assaillant dans la ville voisine d’Eragny (Val-d’Oise).

Qui est la victime ?

Plus tard, la France toute entière apprenait que la victime n’était autre que Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans. Samuel Paty était un enseignant d’histoire-géographie de 47 ans, père d’un enfant de 5 ans. Il était en poste dans le collège du Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine depuis plusieurs années. L’enseignant avait montré récemment à ses élèves des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Le chapitre, au programme de 4e, évoque notamment les attentats de janvier 2015, et rappelle tant la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, que la loi de 1881 sur la liberté de la presse.

Qui est le tueur ?

Abdoullak A. est né en Russie en 2002. Il était arrivé en France à l’âge de 6 ans et habitait à Evreux. Il possédait un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu’en 2030. Il était l’aîné d’une fratrie de six garçons. Il est décrit comme un jeune homme « discret », « plongé dans la religion » depuis trois ans, selon des témoignages recueillis par l’AFP.

Selon Mediapart, Abdoullakh A. avait pourtant fait montre de radicalisation sur son compte Twitter @Tchetchene_270, fermé depuis. Des internautes avaient repéré le compte dès le 30 août en raison d’un photomontage mettant en scène une décapitation. C’est sur ce compte que l’assaillant a posté peu de temps après l’assassinat une photo de la tête de la victime, avec dessous une adresse à Emmanuel Macron, « le dirigeant des infidèles » : « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Mouhammad. »  L’expertise du téléphone d’Abdoullakh A. révèle qu’il a enregistré ce message dans son bloc-notes à 12h17, ainsi que la photographie de la victime, prise par lui à 16h57.

Le point de l’enquête

Selon certaines sources, les services de renseignement étaient au courant des tensions qui existaient entre certains parents d’élèves et la communauté éducative du collège du Bois de l’Aulne suite au cours de Samuel Paty, durant lequel l’enseignant avait montré des caricatures de Mahomet. Une note manuscrite émanant des renseignements territoriaux des Yvelines a été envoyée le 12 octobre à la direction parisienne du renseignement. Elle parlait d’« une vive polémique chez certains parents de confession musulmane, considérant qu’il s’agit d’une véritable offense ». La note des renseignements territoriaux évoque aussi l’intervention d’Abdelhakim Sifraoui, figure de l’islam radical. Selon les informations de France Télévisions, la note se terminait toutefois par ces mots : « La tension est retombée et la situation est apaisée ».

L’enquête ouverte depuis par le parquet antiterroriste, essaie actuellement de déterminer si ce sont des échanges sur les réseaux sociaux ou un commanditaire qui ont mené Abdoullakh A., un Russe tchétchène de 18 ans qui vivait à Evreux, à passer à l’acte. L’enquête a également permis d’interpeler 11 de à vue depuis que le parquet antiterroriste a été saisi pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Par ailleurs, des opérations de police sont menées depuis lundi matin et se poursuivront dans les prochains jours contre «des dizaines d’individus» de la mouvance islamiste, a annoncé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Rassemblés par Philippe BATIONO pour Burkinanews.info

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