Hépatite : Environ 3 millions de porteurs chroniques dans la nature

Ensemble, le ministère et l'ONG SOS Hépatites veulent barrer la route à la maladie

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) commémore aujourd’hui 28 juillet 2021, la journée mondiale de lutte contre les hépatites sous le thème : « L’hépatite ne peut plus attendre ». Au Burkina Faso, l’ONG SOS hépatites Burkina qui fête également son 10e anniversaire était l’actrice principale de cette commémoration. Elle a souhaité célébrer cette journée sous le thème : «Le financement et la prise en charge de l’hépatite ne peuvent plus attendre».

En mai 2016 lors de la 69e assemblée mondiale de la santé à Genève,  les 194 États membres de l’OMS dont le Burkina Faso ont adopté la stratégie mondiale du secteur de la santé sur les hépatites virales,  visant son élimination d’ici fin 2030. Un mouvement mondial d’élimination de l’hépatite fut lancé à cet effet pour l’exercice 2016-2021. Jusqu’à présent,  la plupart des objectifs intermédiaires pour 2020 dans toutes les stratégies ne sont pas encore atteints. Pour la présidente de SOS hépatites, Justine Yara, environ 3 millions de porteurs chroniques de l’hépatite sont dans la nature.

                              Ensemble, le ministère et l’ONG SOS Hépatites veulent barrer la route à la maladie

A l’en croire,  les institutions en charge de la lutte contre la maladie n’ont pas encore diagnostiqué plus  de 30%  de ces porteurs.  « Certaines personnes ne savent pas qu’elles ont la maladie.  Il faut faire le dépistage. L’hépatite est une maladie silencieuse.  On peut être bien portant mais avoir la maladie dans son corps», explique-t-elle. Pour la chargée de communication de l’ONG, Claire Hortense Sanou,  toutes les 30 secondes, une personne meurt d’une maladie liée à l’hépatite à travers le monde.  « Au Burkina Faso,  environ 3 millions,  d’hommes, de femmes et d’enfants vivent avec les hépatites B et C dont 90 %  de ces personnes infectées par le virus de l’hépatite B et  80 % des personnes infectées par le virus de l’hépatite C ne sont pas diagnostiquées avec un risque d’évolution vers la cirrhose et le cancer du foie», a -t-elle clarifié.

              Remise du plaidoyer au secrétaire général du ministère de la Santé, Wilfried Ouédraogo

Engagée dans la lutte contre l’hépatite depuis 2011, l’association a, pour une lutte efficace contre la maladie, remis un plaidoyer au ministère de la Santé.  La présidente invite en effet le gouvernement à réagir urgemment face à l’hépatite qui fait des morts au Burkina Faso alors qu’il s’agit d’une maladie qu’on peut prévenir et traiter efficacement. Le manque de financement et de sensibilisation des populations sont, selon l’ONG, les principales difficultés de la lutte contre la maladie.  Selon le  secrétaire général du ministère de la santé, Wilfried Ouédraogo,  le ministère est dans la même dynamique de faire en sorte que la lutte contre ces maladies puisse être une priorité.  «Depuis 2017,  nous nous sommes organisés à travers une structuration au niveau de la direction générale de la santé publique pour faire en sorte que la problématique de la lutte contre les hépatites soit placée à un niveau de programme, pour que nous puissions mener des actions, planifier et structurer pour aller à l’élimination du virus avant 2030», dit-il.  Pour la question de financement,  le secrétaire général  affirme que le ministère est à pied d’œuvre pour offrir tout ce qu’il faut pour lutter contre la maladie.

Un don de vivre à l’hôtel maternel de Ouagadougou

Dans le cadre de la célébration de son 10e anniversaire, les acteurs de SOS hépatites Burkina ont remis des vivres aux enfants en situation de détresse de l’hôtel maternel de Ouagadougou. C’est en effet un don composé de lait, de sacs de riz et de sel, des  cartons de spaghetti et de savons ainsi qu’une enveloppe de 150 000 F CFA qui ont été remis.  L’objectif, selon la présidente, est de témoigner la solidarité et l’amour de l’ONG vis-à-vis de ces enfants.  Pour assurer leur santé, une séance de dépistage a été organisée au sein de l’hôtel maternel.  Un dépistage qui a également pris en compte le personnel.

 

Pour le directeur de l’hôtel maternel,

                                 Ce don va soulager l’Hôtel maternel de Ouagadougou

Salifou Younga,   depuis sa création en 2007, l’hôtel a reçu environ 3700 personnes. Il s’agit d’enfants abandonnés ou retirés de la rue et des fille également mises à l’écart pour des causes sociales.  « Nous sommes vraiment heureux de vous accueillir ici.  C’est une joie de voir qu’en plus de la lutte contre l’hépatite,  SOS hépatites Burkina est engagée pour la cause des enfants en situation de détresse. Merci pour la pensée et le geste largement louables», s’est-il réjoui.

Par Théophile Oliélé BAYALA (www.burkinanews.info)

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