Environnement : des journalistes se familiarisent avec l’écofiscalité

Le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique (MEEVCC) a organisé un séminaire d’information au profit des hommes de média ce jeudi 30 septembre 2021, à Ouagadougou. Dirigée par le consultant international en finance publique, Martin Houle, et le secrétaire exécutif du Groupe de recherche et d’analyse appliquées pour le développement (GRAAD), Damien Lankoandé, cette session a pour objectif de familiariser les journalistes avec la fiscalité environnementale.

Dans l’objectif d’assurer la transition du Burkina Faso vers une économie verte inclusive, le ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique ( MEEVCC) a entrepris depuis 2019, l’élaboration d’un projet de réforme de la fiscalité environnementale. A l’issue d’un exercice mené et dénommé étude sur la fiscalité environnementale du Burkina Faso, un scénario dit réaliste et adapté au contexte du Burkina Faso de manière à protéger les citoyens et leur environnement et à optimiser l’impact de la fiscalité sur les recettes publiques a été validé par un comité technique interministériel. C’est dans l’objectif de diffuser les résultats de cette étude et de donner plus d’informations aux journalistes sur la fiscalité environnementale ou l’écofiscalité, que ce séminaire a été initié. Contrairement à la fiscalité classique, dont le seul objectif est de procurer des recettes à l’Etat, l’écofiscalité utilise des instruments dissuasifs et incitatifs avec le but d’influencer le comportement des populations notamment les agents économiques. Cette fiscalité, lorsqu’elle sera complètement déployée, selon le secrétaire général du ministère en charge de l’Environnement, Augustin Kaboré, parviendra à décourager les activités nuisibles à l’environnement tout en encouragent celles qui lui sont favorables. Elle amène, de son avis, les contribuables à adopter un comportement plus responsable.   

           50 mesures écofiscales

Au Burkina Faso, il y a 50 mesures écofiscales dont 35 sur les ressources naturelles, 8 sur le transport, 5 sur l’énergie et 2 sur la chasse et la pêche. En 2019, selon Augustin Kaboré, elles généraient des recettes de 345 milliards de F CFA, soit 4,4% du PIB. « A elle seule, la fiscalité liée au secteur minier représentait 48% des recettes écofiscales. Les écotaxes sur l’énergie, quant à elles, représentent 45 % du total avec en tête de liste les produits pétroliers applicables sur l’essence super et le gasoil », peut-on entendre. A en croire le ministère en charge de l’Environnement, l’analyse de l’efficacité de ces écotaxes, c’est-à-dire leur capacité à inciter les individus et les sociétés burkinabè à adopter des comportements plus responsables a révélé des lacunes. 24 recommandations ont été alors formulées pour optimiser l’impact de l’écofiscalité sur la santé humaine et sur l’environnement. Toutefois selon le ministère, leur mise en œuvre dégagerait 250 milliards de recettes additionnelles pour l’Etat à terme.

Pour rappel, le présent séminaire s’inscrit dans une série d’activités visant à informer et à sensibiliser la population en général sur les résultats de l’étude d’une part, et sur les enjeux de la mise en oeuvre de la fiscalité environnementale d’autre part. L’objectif étant, selon le ministère, d’aider à protéger la population et à assurer la pérennité des ressources. Bien avant, les hommes de média, les décideurs publics et les acteurs de la société civile ont été outillés sur la question. Selon le secrétaire général du ministère en charge de l’Environnement Augustin Kaboré, un séminaire gouvernemental sera organisé dans les jours à venir pour donner l’information au niveau du gouvernement. A l’en croire, un séminaire parlementaire est aussi envisagé.

Par Théophile Oliélé BAYALA (www.burkinanews.info)

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