Récusation du Sao Naaba : « Nous n’avons pas les éléments matériels et juridiques pour engager une procédure », Clément Sawadogo

Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Pengwendé Clément Sawadogo a animé un point de presse ce mardi 13 juillet 2021 à Ouagadougou. Il s’est agi pour lui de se prononcer sur la récusation du CFOP contre le représentant de la chefferie coutumière le Sao Naaba. 

Le mandat de l’équipe dirigeante actuelle de la CENI, débuté le 1er août 2016, arrive à échéance le 31 juillet 2021. Le renouvellement de cette équipe fait pourtant couler beaucoup d’encre et de salive. Initialement prévue pour le lundi 12 juillet,  l’élection est reportée pour le jeudi 15 pour mieux profiler le processus selon le ministre Clément Sawadogo.  Bien avant qu’elle ne soit reportée,  l’élection était déjà face à des difficultés. En effet,  certaines composantes de la CENI ont voulu faire face à la désignation du commissaire au titre de la chefferie coutumière à savoir le Sao Naaba et  celle d’un commissaire de l’opposition, Tasséré Sawadogo.

«J’ai reçu une lettre du CFOP dont un des aspects évoque la récusation d’un membre en l’occurrence le commissaire désigné au titre de la chefferie coutumière. Le motif serait que cette personnalité aurait une appartenance politique. Donc a participé à la dernière campagne présidentielle. Le réseau des mouvements du Burkina Faso récuse le commissaire Tasséré Sawadogo qui représente l’opposition pour son activisme débordant et ses prises de position », affirme le ministre. Et d’’ajouter que le CFOP estime dans sa lettre, que la programmation de l’élection est précipitée.  Pour lui, le CFOP exige que les membres de la CENI prêtent serment avant de poser tout acte.

Un code électoral défavorable aux deux récusations

Pour le ministre clément Sawadogo, il n’y a aucun lien de calendrier entre la prestation de serment et l’installation du bureau. « L’élection du bureau fait toujours partie du processus de mise en place de la CENI. Donc, ce processus peut être poursuivi et la prestation pouvait être faite à l’issue. Il y a cinq ans, ça a été le cas. Il y a 10 ans, ça a été le cas. Donc pas de discussion sur ce point.  En tout état de cause, comme le report est fait, le problème ne se pose plus», dit-il.

Pour ce qui est de la récusation, le ministre estime que toutes les questions qui ont trait au processus de mise en place du bureau de la CENI ont été décrites de manière détaillée par le code électoral. «En dehors des dispositions prescrites par le code électoral, nous ne connaissons pas d’autres types de contraintes se rapportant aux membres. Et donc des dispositions qui nous auraient autorisé à recevoir une récusation des  membres.  Si ce n’est dans ce paquet de conditions prescrites par la loi. Cette loi ne prévoit pas non plus une validation de la désignation de chaque représentant par les autres composantes. Elle dit que chaque composante désigne son représentant ; un point,  un trait » assure-t-il.

Selon le ministre, le problème de l’impartialité de la CENI est réglé. «A la CENI, c’est un vote au sein des commissaires qui pose les règles du jeu.  A la fin du vote, c’est la majorité qui décide. On ne peut pas décider de façon unilatérale même si on est président de l’institution », poursuit-il. Les récusation faites par le chef de file de l’opposition politique et le réseau des mouvements du Burkina Faso n’auront donc pas de suite favorable et le Sao Naaba ainsi que Tasséré Sawadogo pourront être membres de la prochaine équipe dirigeante de la CENI. « Nous avons répondu au CFOP que nous n’avons pas les éléments matériels et juridiques qui peuvent nous permettre de nous engager dans une procédure de récusation. Devant notre administration,  je ne vois pas comment cela était possible. Nous ne pouvons pas non plus traiter la récusation contre Tasséré Sawadogo», confie-t-il.

 Par Théophile Oliélé BAYALA (www.burkinanews.info)

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