Bassolma Bazié : « C’est une démission qui me permettra de mieux défendre les intérêts des travailleurs »

Le 24 janvier dernier, Bassolma Bazié annonçait sa démission de la fonction publique sur sa page Facebook (lire ici). Lors d’un entretien que nous avons pris le soin de transcrire, le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGTB) apporte plus de détails et de précisions sur les raisons de cette démission.

Pourquoi vous avez démission de la fonction publique ?

Je tiens d’abord à l’orée de ce nouvel an, souhaiter une année de courage et de santé à l’ensemble des travailleurs et des couches socio-professionnelles. Les souhaiter beaucoup de courage pour les défis qui se présentent à nous. Ma démission de la fonction publique, tout en m’excusant auprès de tous ceux qui l’auraient appris de façon brutale, c’est une décision qui est conforme aux valeurs que j’ai reçu dans mon éducation. Mais aussi aux valeurs que j’ai reçu à travers la formation. De l’instruction que j’ai reçue de l’UJEB, de la CGTB, et même de l’ensemble des travailleurs de notre pays. Troisièmement, je tiens à dire que quand on prend une telle décision, c’est par rapport à ces engagements que nous prenons devant l’histoire et devant l’ensemble des travailleurs. Le samedi 30 novembre 2013, nous avons promis, dès qu’on a été élu secrétaire général de la CGTB, de nous engager fermement et de défendre les travailleurs. Je tiens à préciser que ma démission de la fonction publique n’est pas une démission de la confédération générale des travailleurs du Burkina. Ce n’est pas une démission du mouvement syndicale. La démission se justifie par le fait que malheureusement nous constatons qu’on veut utiliser le salaire comme un moyen de chantages d’un dirigeant syndicale qui se bat de façon loyale, de façon honnête et intègre. Conformément aux missions qui lui ont été dévolues à travers les plateformes et les questions préoccupantes des travailleurs. Donc si on vous conduit en conseil de discipline et on sort avec une décision macabre. Et dire qu’on vous reconnaît coupable sans qu’il n’y ait sanction,  c’est un fait très gravissime  dans l’histoire.

À vous entendre,  c’est une décision souveraine mais est-ce qu’elle ne s’explique pas par le fait que vous avez été traduit en conseil de discipline, est-ce que vous n’avez pas été pousser vers la sortie ?

Justement c’est ce que je suis en train de vous expliquer. Parce que dès lors que le conseil de discipline a été tourmenté de façon politique et qu’il n’y a pas eu de sanction malgré qu’il a dit  que j’ai été reconnu coupable sans me dire exactement  quelle est la disposition légale qui a été violée. Le 2 octobre, j’ai été mis devant le fait accompli que l’emploi du temps a été suspendu. Le 3 novembre, on m’appelle du lycée Philippe Zinda Kaboré,  à la direction régionale, donc dans un bureau. Je n’ai pas fait le concours pour aller m’asseoir au  bureau. Sans savoir exactement ce que j’irai faire. Par conséquent, quand on veut te traîner de cette façon pour éroder à longueur de temps votre honnêteté, votre dignité et votre intégrité. Il est un devoir pour vous de pendre des décisions qui siéent afin de défendre correctement les engagements qui ont été pris par rapport à votre éducation, par rapport à votre vie et par rapport à ceux dont vous avez pris les engagements donc les travailleurs de notre pays. Par conséquent, je précise que ce n’est pas une démission du mouvement syndicale. C’est une démission de la fonction publique qui me permettra de mieux me positionner et de défendre conséquemment et de façon ferme, les intérêts des travailleurs de notre pays.

Donc le général n’abandonne pas la troupe ?

Pas du tout. Un général ne doit pas abandonner la troupe.

D’aucuns pensent que c’est parce que vous avez trouvé mieux ailleurs que vous quittez la fonction publique. Parce qu’à la Fonction publique on ne paye pas bien.

Si c’était des calculs financiers et autres, j’aurais pu quitter depuis longtemps.  Je n’avais pas à attendre jusqu’à cette date. Ceux qui estiment que j’ai trouvé mieux ailleurs savent très bien que j’ai les compétences depuis belle lurette de m’octroyer mieux ailleurs. Donc si j’ai décidé de rester dans l’éducation et de servir, c’est que c’est ma profession de choix. Maintenant, si on constate que la profession éducation est embrigadée par des aventuriers politique, on ne sait pas exactement d’où ils viennent et où ils vont, il appartient à ceux qui ont un minimum de moralité d’avoir une direction de conduite et de prendre des décisions fermes pour ne pas tomber dans le caniveau de boue.

Propos transcris par Théophile O. BAYALA (www.burkinanews.info)

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